Signe Gémeaux

Symbolique : Symbolise dans la nature, après l’éclosion du Bélier et l’incarnation du Taureau, la conquête aérienne de la végétation par le branchage et le feuillage, cette troisième tranche printanière étant celle de la plénitude de la fonction chlorophylienne, en correspondance avec l’appareil pulmonaire, siège de la fonction respira-toire, et avec les membres supérieurs, organes de la motilité. Tout est dualité chez ce signe d’Air bipolaire : les deux bras, les deux lobes pulmonaires, aspir et expir, les deux bâtonnets verticaux de son idéogramme, les Dioscures, Castor et Pollux, du symbole. Il est aussi le signe des rythmes rapides et des mouvements rapides, des relations étroites avec le milieu ambiant ainsi que de la vie de l’es-prit.

Alors que le Bélier est hypermâle et le Taureau hyperfemelle, les Gémeaux sont androgynes, signe de la polarisation, de la différenciation des deux principes opposés et complémentaires. Sa nature est de l’essence adolescente, hermaphrodite de Mercure, principe de liaison, d’échanges, de mouvement, d’adaptation, de communication, d’interpénétration, de cérébralisation. Psychologie : La propriété dominante du signe est la primarité associée à l’ampleur du champ de conscience, faisant le « superficiel large », cette largeur virtuelle que donne à la conscience une grande mobilité, car elle ne projette à chaque instant qu’un mince pinceau d’attention sur les choses, sans insister sur la saisie de ces choses; d’où une faible trace de l’impression, le pinceau de l’attention balayant ici une large surface de représentations. Si le Bélier est le plus impulsif des signes et le Taureau le plus fixe, les Gémeaux en sont le plus mobile. C’est un nerveux qui ne pèse pas plus qu’un fil et vit en l’air; un rapide à l’humeur voyageuse, un changeant, amoureux du mouvement, ayant la bougeotte, fait pour le dégagement. Il est aussi, « roseau pensant », un souple, un flexible, léger, habile, adaptable, épidermique; Arlequin jouant sa vie ou vivant son jeu, comédien, caméléon, touche-à-tout, espiègle, et par suite instable, léger, à la fois partout et nulle part, en proie à la division intérieure et aux problèmes qu’elle pose.

Dialectique : La Primarité se combine de deux façons opposées sous l’angle caractérologique, d’où deux types possibles :

  1. Le type Castor Emotif-sousactif, correspondant au Nerveux, à la sensibilité instable, constamment en mouvement, à la vivacité des sentiments, à la recherche d’émotions nouvelles, au vagabondage affectif, à la vie tiraillée par des impulsions successives, des passions décousues et changeantes; être fantasque, vivant dans une atmosphère fiévreuse et recherchant un « présent » aussi intense ou ravissant que possible.
  2. Le type Pollux sous-émotif-actif, correspondant au Sanguin, sorte « d’esprit sans âme » ayant une grande présence d’esprit, vivant et agissant d’après sa pensée, curieux, pratique, habile, opportuniste, inventif, ironique, sarcastique, spirituel, au coeur sec. Il arrive souvent que ces deux caractères opposés alternent ou coexistent sur deux plans différents chez le même sujet, mais le plus généralement, l’un d’eux prédomine. Destinée : Possibilité d’avoir plusieurs cordes à son arc et prédisposition à suivre un itinéraire à destinations diverses, sinon à emprunter parallèlement plusieurs voies. Chance de réussite par la virtuosité, par le jeu des relations surtout, en particulier pour écrire, parler, adapter, transmettre, interpréter, traduire, échanger ou se dépla-cer… Vie assez instable et itinérante, à l’affût d’aventures ou expériences nouvelles. Aucun personnage de notre collection n’est représentatif des Gémeaux; pas un, d’ailleurs, n’est natif du signe. Sur les trois Ascendants Gémeaux, deux seulement sont significatifs, Charles VIII présentant une constellation planétaire marquée qui en efface la trace. Chez François Ier, le signe participe à la dominante planétaire : tempérament versatile, caractère volage, dilettantisme, intelligence rapide, vive, brillante, un peu superficielle.

Signe Cancer

Symbolique : Symbolise dans la nature le premier stade de l’été qui correspond à la formation des graines et marque le triomphe des forces génératrices maternelles. Conception, gestation, maternité, tel est le processus cancérien dans son contexte alimentaire, digestif, formateur (correspond à l’estomac et aux seins). Symbolise égale-ment l’eau originelle, les eaux-mères, au moment de l’année où la sève végétale gonfle les tissus de la nature en pleine fécondité. Le crustacé (écrevisse ou crabe) qui le représente est particulièrement prolifique; il vit sous une carapace comme les germes, oeufs, foetus et bourgeons, ébauches et préfigurations de la vie renaissante (coquille, matrice, écorce, enveloppe); de même qu’il marche à reculons, symbole d’un retour en arrière, d’un reflux sur son passé.

Cette nature est d’essence lunaire, la Lune étant le symbole de la mère et de l’enfant, de l’eau, de la croissance, de l’alimentation, de la fécondité, de la vie végétative, instinctive, crépusculaire, inconsciente…

Psychologie : Le complexe maternel constitue la trame de la psyché de ce type qui est prés de sa sensibilité, de sa vie végétative; il donne l’impression de s’attarder à l’enfance, de vivre dans sa coquille, de se réfugier dans son passé. Aussi est-il porté à s’identifier à sa mère, à s’attacher à sa famille, à son enfance, aux souvenirs, préférant le dedans au-dehors, l’intérieur à l’extérieur, l’intime au social. C’est un rêveur, un sentimental, un sensible, un imaginatif, enclin à la schizoïdie, à l’autisme, à la soumission passive et féminine, d’abord à la mère, ensuite au monde. Il est un surémotif-sous-actif chez qui l’inactivité détourne l’émotivité de l’action sur les choses pour les ramener vers la conscience de soi, l’être se tournant vers les rivages intérieurs. Il est du même coup un introverti, un Narcisse, contemplatif, lyrique, ramené vers le sentiment de sa personne, rêvant sa vie ou vivant son rêve. C’est aussi un élégiaque, un romantique qui a le goût du merveilleux, du fantastique, de la féerie. Il arrive, sous le coup d’un aspect saturnien ou uranien, que ce type prenne, par défense, le contrepied de l’influence maternelle; c’est la réaction, sèche et fermée, contre tout ce qui est féminin, affectif, émotif, irrationnel, instinctif…

Dialectique : Suivant que prévaut la secondarité ou la primarité, le Cancérien fait un :

  1. Sentimental-paranerveux : Etre à émotivité quelque peu refoulée, qui s’exprime en ruminations douloureuses, en méditations, cessant plus ou moins de vivre pour se sentir vivre. Indécis, velléitaire, inhibé, résigné, mélancolique, enclin à l’auto-accusation, à la misanthropie; prédominance des sentiments moraux; attachement aux souvenirs, au passé, aux habitudes; intérêt pour l’histoire.
  2. Nerveux-parasentimental : Etre livré à la contradiction de ses emballements successifs, porté au changement, au renouvellement de ses sensations; capricieux, vagabond affectif, allant d’une chose à l’autre, infidèle à l’objet mais toujours attaché aux images d’un Moi sensible et susceptible.

Destinée : Ilse présente donc deux types différents de destinée : L’un est dominé par l’humeur sédentaire et porté vers une vie stable. C’est l’âme simple, la nature bonhomme, tranquille, familière, casanière, sans passions apparentes. L’être est fait pour la vie de l’intérieur; bougeant peu et se fixant, il est attaché à sa famille, à sa maison, à son pays, à ses quatre murs comme aux réalités matérielles. L’autre est dominé par l’humeur voyageuse et porté vers une vie instable. C’est une nature errante, survoltée, détachée de la réalité prosaïque, dépourvue de sens pratique, en marge des normes. Etre bizarre, capricieux, fantasque, compliqué, captivant, feu follet porté vers la vie de bohème ou le déréglement, vivant sans foyer, sans domicile ni milieu fixe, sans famille, entre l’ange et le démon…