Signe Poisson

Symbolique : Symbolise dans la nature cet état transitoire entre l’hiver qui finit et le printemps qui se prépare, monde de l’imprécis où tout demeure dans l’informe, sans frontières bien tracées. L’Eau-Mutable qu’elle représente est aussi bien ces crues hivernales, déluge purificateur où les liens sont déliés, les forces de cohésion effacées, que la masse mouvante et anonyme des eaux marines dans quoi tout se jette, l’immensité océanique. Eau dissolvante, mais aussi eau fécondante, dont les fonds inépuisables du milieu marin sont l’exemple. Face à la Vierge qui met l’accent sur le détail, le particulier, la limite, le précis, la norme, la règle, la mesure… les Poissons apparaissent comme le monde de l’ensemble, du global, de l’illimité, de l’infini, du virtuel, du latent, de l’inclassable, de l’insaisissable, de l’ineffable… où l’irrationnel et le surrationnel règnent sans partage. C’est la grande communauté… Les astres de fécondité y règnent : Jupiter y trône et Vénus y est exaltée. Archétype de la dissolution et de l’intégration universelles, Neptune y figure comme nouveau maître.

Psychologie : La trame profonde de ce type est une plasticité psy-chique exceptionnelle : malléabilité, impressionnabilité, vulnérabilité, réceptivité, recherche d’une inflation émotive, d’une exceptionnelle dilatation de l’être, fait pour la participation avec le grand Tout. Cette disposition tient tout à la fois d’un désir d’échapper au monde de la limitation par l’évasion, de la fréquentation de l’infra et de l’ultra des choses et des êtres, d’une imagination diffluente qui se répand, s’épanche à l’infini et d’une ampleur du champ de conscience qui ajoute au flottement, à la souplesse et à l’étalement de l’être, la conscience roulant une masse d’impressions souvent diffuses. Ce prothéen est donc en puissance de dilatation et de fusion.

Sa difficulté est de faire de ce riche chaos un monde organisé, faute de quoi il risque de demeurer une nébuleuse, un être qui se cherche, tâtonne, se fuit, qui « flotte » ou nage entre deux eaux, indécis, irrésolu, velléitaire, fuyant et insaisissable, instable, errant, confus, brouillon, chimérique, incohérent… Réalisant son unité intérieure par l’affirmation du Moi, ce type devient en mesure de vivre un état de grâce, de clairvoyance, de sainteté ou de mysticité, et de donner toute sa dimension de bonté, de générosité, d’humanité, se révélant dans l’oubli désintéressé de soi, voire dans le sacrifice rédempteur. Il connaît la ferveur de la vie profonde et est capable des plus grands enchantements de l’âme.

Signe Bélier

LE BÉLIER
Symbolique : Symbolise le feu originel qui se manifeste à l’entrée du printemps, le jaillissement des forces brutes de la vie (éclatement des bourgeons, sortie des pousses de la terre, rut des animaux…). Le rythme vital, sous ce signe, est celui d’un bond en avant, d’une accélération : commencement, renouvellement, propulsion, impul-sion, jet, éclatement, explosion… C’est le souffle du feu prométhéen, ce feu à la fois créateur et destructeur, aveugle et généreux, chao-tique et sublime, capable de fuser dans toutes les directions; c’est la décharge irruptive, fulgurante, indomptable de la foudre; la violence du feu animal indifférencié; la poussée anarchique, dévo-rante, d’instincts primitifs vigoureux; une libération de forces nou-velles, inclassables et inadaptées, aux généreuses promesses, portées vers leur essor. Cette nature est d’essence martienne. Elle représente avant tout la lutte pour la vie au stade de la sélection naturelle où règne la loi du plus fort. Mais avec le cri de guerre agressif et les poussées de colère et de désirs de Mars, apparaît l’exaltation solaire symbolisée par la victoire des jours sur les nuits, de la chaleur et de la lumière. Avec la signature Mars-Soleil, le Bélier est le signe le plus masculin, ce qui correspond à l’animal-type (bélier) qui est un hypermâle. Psychologie : Le facteur dominant de la structure psychologique

LE ZODIAQUE du type Bélier est la primarité qui est comme une présence de l’être tout engagé dans l’instant d’où, tout un comportement général : réactions fortes, immédiates et brèves; impulsivité, mobilité et fugacité des impressions; goût du changement, de la nouveauté; instabilité, indiscipline, précipitation, emballement, coups de tête; spontanéité, improvisation, ferveur, exaltation, passion, extravagance, politique du « tout-ou-rien », états paroxystiques… Il faut ajouter que ce Primaire est, à l’image de l’animal dont toute la force est concentrée dans la masse crânienne en avant, projeté vers l’avenir qu’il aborde avec une certaine puissance de choc (d’où le rapport du Bélier avec la tête) : il vit de projets, se lance dans des aventures, sème mais laisse souvent récolter les autres… La Primarité s’associe chez lui à l’Activité et à l’Émotivité, ce qui en fait un Colérique assez pur. Il est même souvent surémotif; l’Acti-vité est le coefficient le plus modifiable. L’intelligence est du type Intuition (introvertie ou extravertie). Dialectique : Il n’y a pas deux types Bélier dialectiques, l’être de ce signe étant fait d’une pièce, simple, franc, direct, pur, total en face de lui-même et des autres. Tout au plus peut-on signaler que s’il tend ordinairement à l’extraversion, des influences extérieures peuvent le tourner vers l’introversion (opposition typique des Bélier Zola et Baudelaire). Destinée : Prédisposition à l’aventure, aux accidents, aux luttes, combats, rivalités, procès, dépenses excessives, coups de foudre, passions dévorantes; tendance à la vie bruyante, instable, palpitante, fiévreuse, aux excès et désordres; propice à l’affirmation d’une per-sonnalité pour tracer une voie nouvelle, jouer un rôle de guide, d’en-traîneur, d’éclaireur, de novateur, de précurseur, de chef.

L’exemple de Henri II — le seul roi français qui ait une forte marque Bélier par l’occupation du Soleil, de la Lune et de Vénus montre qu’une dominante planétaire (on verra plus loin ce que ce terme signifie précisément) contraire au signe tend à en annihiler ou en transformer l’empreinte. De fait, le Saturnien Henri II est un piètre Bélier, un Bélier inhibé. On le voit, dauphin, prendre une attitude frondeuse vis-à-vis de son père François 1er et, une fois couronné, rompre avec les manières de celui-ci. Sans doute est-il aussi d’un courage indomptable, amoureux des chasses, des chevauchées et des tournois. Mais le conflit Saturne-Bélier en fait un faible, un timide, un irrésolu qui se bute pour donner l’illusion de la décision et de l’autorité, un soumis qui se laisse gouverner. Sa destinée porte davantage la marque du signe : son règne commence dans la fumée des bûchers et dans les clameurs des martyrs héroïques qui inaugurent les guerres de religion; il débute aussi par le duel Jarnac-La Châtaigneraie pour finir par l’accident mortel à la tête du coup de lance de Montgomméry (tendance dissonante du Bélier affecté par Saturne).

Constellation du Lion

L’étonnante constellation zodiacale du Lion domine les nuits de printemps dans l’hémisphère Nord et celles d’automne dans l’hémi-sphère Sud. On distingue facilement le passage du roi Lion, à l’occi-dent, parce que cette constellation forme le premier groupe important d’étoiles à l’est des Gémeaux. Alors que l’on remarque à peine la constellation du Cancer, on voit tout de suite Régulus (alpha Leonis, de magnitude 1,3, blanc et outremer), l’étoile qui se trouve au coeur du Lion, presque sur l’écliptique. La tête du Lion est représentée par un groupe d’étoiles distinctes, connu sous le nom de « Faucille » : ce sont les étoiles Algieba, ou Crinière du Lion » (gamma Leonis), Adhafera (dzêta Leonis), ainsi que êta et kappa Leonis. Régulus était d’ailleurs considérée autrefois comme une étoile faisant partie de la Faucille.

Carte céleste du Lion.

Le Cancer se trouve sur la droite, et la Vierge sur la gauche. Régulus (alpha Leonis) se trouve presque sur l’écliptique. Les étoiles de la faucille sont Régulus, Algieba (gamma Leonis), Adhafera (dzêta Leonis) et êta Leonis  qui correspond au mufle du Lion). La Faucille comprend encore une autre étoile, kappa Leonis, située au nord-est d’êta  marque la croupe du Lion, et Denebola (bêta Leonis, bleue, de magnitude 2) représente la queue. Le Lion occupe une position stratégique ; les interprétations symboliques sont remarquablement homogènes depuis les temps les plus reculés ; il faut en rechercher l’origine dans les mythologies mésopotamienne et égyptienne, qui ont influencé, peu ou prou, les récits ultérieurs, juifs, grecs, latins, perses et arabes, ainsi que la tradition européenne.

Signe Verseaux

Symbolique : Symbolise dans la nature la première assimilation de la graine nouvellement semée qui s’intègre au milieu terrestre. Ce signe d’Air-Fixe ne représente ni le lien de l’esprit des Gémeaux, ni le lien du coeur de la Balance, mais celui de l’âme révélé par le monde des affinités électives dont l’aboutissement est celui de la fraternité universelle. Face au Lion qui personnifie l’accomplissement de l’individu dont la volonté est toute au service du Moi, le Verseau représente l’accès au stade supérieur de la Personne par l’acceptation d’autrui et jusqu’à la destination à l’appartenance universelle. La tradition a fait de Saturne la planète rectrice de ce signe : ici, le don saturnien n’est plus un devoir mais une joie, le désir de se perdre un accomplissement. Depuis la découverte des nouvelles planètes, Uranus est son second maître.

Psychologie : A l’opposé du Lion herculéen, le Verseau séraphin est d’une nature intime « angélique » qui appartient plus au ciel qu’à la terre, tendant à se libérer spontanément du poids des éléments matériels et à s’éloigner de l’instinct ressenti comme une opacité contraire à sa nature aérienne, volatile, transparente, toute de limpidité spirituelle. Il a le don de se détacher de lui-même, de se dégager de ses pulsions instinctuelles au point de les voir comme un étranger, la passion le touchant mais sans le troubler. La haine est bannie de son coeur et il a le don de prendre du large face aux contingences matérielles et aux misères de la vie qui ne l’atteignent pas. Il en tire une certaine sérénité, une harmonie de caractère, une facilité à vivre et une certaine aspiration idéaliste et spirituelle. Sa disposition affective fondamentale est l’oblativité : le don de soi est un instinct sûr parce qu’il appartient non à soi mais à autrui, étant par excellence l’homme de l’accueil, du conseil, du secours ; d’où le sens de l’amitié si prononcé chez lui. Il est souvent de petite constitution, mais il a le don de compenser une infériorité physique par une supériorité intellectuelle, morale ou spirituelle.

Dialectique : Ce type débouche sur deux voies suivant sa dominante saturnienne ou uranienne :

  1. La sagesse : Cette tendance à planer au-dessus des choses l’éloigne peut-être du réel (d’où une certaine schizoïdie, mais il est un être sain), mais lui permet d’atteindre un certain point d’altitude qui répond à son besoin de clarté et d’idéal. S’il ne s’égare pas dans le dépayse-ment d’une âme inquiète qui flotte dans la vie faute de se concrétiser suffisamment, il se trouve dégagé, délesté de tout ce qui épaissit un être. Il vit en marge des pesanteurs emprisonnantes de l’instinct, en direction de ce monde suprasensible qu’il peuple d’images, de sensations, de visions. Il consent à ne plus s’appartenir et à se donner à une destinée extra personnelle faite de dépossession, de décantation, de purification. Saisi d’un immense désistement, cette grâce ou cette sagesse le rend à la condition humaine dans une réconciliation de l’homme avec l’univers.
  2. L’aventure : Face à la grâce il y a la puissance, le rêve surhumain, l’aventure prométhéenne. Ce type vit dans un climat de haute tension et a une folle soif de démesure. Inadapté, excentrique, original ou révolté — il ne veut pas être comme les autres il est cet indépendant, cet individualiste braqué qui aspire à éviter les sentiers battus, rompre avec les routines et préjugés, négliger les contingences, mépriser les conventions, bousculer les usages établis de la morale et de la société. Ce qu’il veut, c’est la nouveauté, le modernisme, le « dernier cri ». Ce qui le tente, c’est la révolution, le record, la frénésie, le besoin d’aller jusqu’aux limites extrêmes de son pouvoir, de reculer à l’infini les limites de l’impossible, la recherche de l’absolu. Destinée : Souvent l’existence (pour le second type surtout) est instable et pittoresque, non dépourvue de « tuiles » et de coups de chance inattendus. Ce qui compte, dans une telle vie, c’est moins le résultat matériel, auquel l’être porte un désintérêt parfois excessif, que cette « expérience humaine » qu’il a à coeur de réussir. I] ne s’agit pas d’être « quelqu’un » mais « quelque chose » en devenant le servant d’une vérité ou d’une nécessité sociale, souvent en « progressiste », en esprit d’avant-garde, en anticipateur, en révolutionnaire. Avec Soleil et Lune en Verseau, Charles V est l’exemple même de la compensation d’une infériorité physique par une supériorité morale. Doté d’une constitution chétive, il souffrira toute sa vie d’une santé délicate.

4 éléments

Parlons des 4 éléments !

L’Eau :

Humide (liaison) et froide (retenue), l’Eau représente l’état liquide de plasticité, de relâchement de la matière, toute de réceptivité et de passivité, qui se meut selon les impressions reçues. C’est l’élément de base, le milieu vital originel (mer-mère), la pâte primordiale, fécondée par les richesses qu’elle assimile, créatrice, animée par l’action de la chaleur. Elle amol-lit, mélange, imbibe, assimile, remplit, dissout, intériorise, indifférencié en une seule masse. Malléable, instable, en continuelle mobilité frémissante, elle est toute soumission impressionnable. Physiologiquement, elle correspond au tempérament lymphatique caractérisé par la prédominance de l’appareil digestif et de la fonction de nutrition, assurée par la lymphe ou plasma du sang. Le régime dominant est celui de l’état végétatif, du repos, de l’inertie, du sommeil. Morphologie dilatée et atone. Psychologiquement, c’est le règne de l’instinct conservateur qui donne une place importante à la mémoire, aux souvenirs, aux habitudes, aux impressions reçues, a l’acquis. Par le renoncement à l’action, c’est aussi l’abandon à la vie intérieure, à l’inconscience, à la fantaisie, à l’imagination, au rêve, à la contemplation, à l’envahissement de la sensibilité psychique.

L’Air :

Humide (liaison) et chaud (exaltation), l’Air représente l’état gazeux, fluide, impalpable, léger, volatil, compressible, qui tend à la diffusion, à l’expansion illimitée dans un espace de plus en plus grand. Mobile, diffus, enveloppant, il est l’agent de liaison, l’enveloppe de notre espace libre, du milieu ambiant dans lequel nous nous animons. En perpétuel état de liberté et de disponibilité, il est exposé à tous les contacts, déplacements, mélanges, influences et conditions; comprimé, il est une puissante force motrice et explosive. Dans la dynamique des tempéraments, le Sanguin est un Lymphatique chauffé dont la richesse entre en activité. L’association du Chaud (énergie) et de l’Humide (extension) constitue le triomphe de la vie naturelle qui se répand sur la terre : fertilité, prolifération, exubérance, luxuriance. Physiologiquement, il correspond au tempérament sanguin marqué par la prédominance de l’appareil respiratoire et des fonctions sanguine et sexuelle. Le régime dominant est celui d’une riche nature qui se déploie spontanément dans son milieu physique et dont le grand appétit de vivre va de pair avec d’impérieuses revendications instinctives et de fortes convoi-tises sensorielles. C’est un gros consommateur à. la morphologie dilatée et tonique. Psychologiquement, c’est un expansif qui vit de mobilité, d’échanges, de contacts avec son milieu, auquel il s’adapte et s’assimile spontanément; c’est un euphorique adonné à l’essor d’une vitalité joyeuse, au caractère jeune, amoureux des plaisirs, jouisseur, indiscipliné, gourmand de la vie concrète.

Le Feu :
Sec (isolement) et chaud (exaltation), le Feu représente l’état igné, d’incandescence, de consumation de la matière qui se trouve créée, animée, transformée ou détruite. Il exalte, intensifie, surexcite, accélère, exaspère, porte au paroxysme ou trans-mute ce qu’il traite, tantôt violent, agressif, destructeur, tantôt libérateur, décantateur, purificateur. Il est action dominatrice, puissance conquérante, facteur de lutte, de progrès, de dépasse-ment, de hiérarchisation, d’affirmation personnalisée. Dans la dynamique des tempéraments, le Bilieux est un Sanguin en rétraction (sec) dont la puissance passe de l’extensivité à l’in-tensivité. L’association du Chaud (énergie) et du Sec (rétraction) porte la tension intérieure des choses à. leur extrême puissance et fait le désert stérile comme l’accès à la maturité du fruit. Physiologiquement, il correspond au tempérament bilieux caractérisé par la prédominance de l’appareil musculaire et des fonctions de réactivité et de maîtrise. Le régime dominant est celui du dynamisme de la personnalité engagé vers la conquête du monde ou la conquête de soi. Morphologie rétractée et tonique. Psychologiquement, c’est le règne réalisateur de la passion tumultueuse ou de la volonté disciplinée : ambition dévorante satisfaisant un besoin impérieux d’essor, d’affirmation, d’éclat, de supériorité, à travers luttes, créations et victoires; volonté de puissance engagée vers le combat, la domination, la conquête matérielle, ou orientée vers la conscience lucide, vers la grandeur d’une réalisation morale ou d’une élévation spirituelle.

La Terre :
Sec (isolement) et froid ( retenue) la Terre représente l’état solide, consistant, dense et fixe de la matière au terme d’une évolution après l’oeuvre de combustion du Feu. C’est l’état par excellence de concentration, de condensation, de réduction, de dépouillement et, à la limite, de dématérialisation; celui de la pétrification, de la minéralisation, de la fossilisation, aboutissant à la structure plus ou moins géométrique des choses, à la conservation de leurs valeurs durables dans un corps autonome, résistant, délimitable, isolé et fermé. Dans la dynamique des tempéraments, le Nerveux est un Bilieux éteint I. L’association du Sec et du Froid est, à l’opposé de l’Air, contraire à la vie de la matière vivante, de l’instinct, mais elle est propice à la vie de l’esprit. Physiologiquement, elle correspond au tempérament nerveux marqué par la prédominance du système nerveux et des fonctions psychiques. Le régime dominant est celui d’une nature affinée, délicate ou chétive, qui vit en retrait du milieu ambiant et de la vie concrète, en affirmant sa vie mentale. Morphologie rétractée et atone. Psychologiquement, il est, à l’opposé du prolixe et épidermique Sanguin, un sélectif, au monde fermé et profond ou complexe. Devant la vie instinctive et naturelle qui se retire, l’être s’organise intérieurement en utilisant les ressources de son intelligence ou en prenant le chemin du dépouillement, du détachement, de l’abstraction, de la dépersonnalisation. Sa vie psychique est riche, profonde et complexe. 1. Avec l’âge, comme la vitalité baisse, le type Chaud tend à se refroidir; c’est pourquoi le Sanguin devient souvent sous ses vieux jours un Lymphatique, tandis que le Bilieux se fait souvent Nerveux au déclin de sa vie.

Signe Capricorne

Symbolique : Symbolise dans la nature le dépouillement, le recro-quevillement, le silence, la concentration de l’hiver dans sa sévère grandeur. Signe de Terre-Cardinal, il marque le stade de la graine enfouie au sol, amorce d’une lente maturation sans éclat en vue d’une ultime conquête à lointaine échéance. Il est à la fois symbole d’un minuit céleste, le solstice d’hiver se présentant comme un stade de conception, de racine, de souche (d’où le rapport avec la structure interne des choses), et d’un midi terrestre, ayant sa réplique avec la Maison X dans le cycle de la journée, et en tant que tel, d’un sommet, lieu de prédilection de la chèvre. Opposé au Cancer qui est le signe de la mère, du berceau, de l’incarnation et de l’intime comme du supra-sensible, le Capricorne tend à l’impersonnel, à la dématérialisation, à la délivrance du terrestre. En cela, il est le signe de Saturne auquel s’adjoint (exaltation) Mars.

Psychologie : Ce type est un froid, sa personnalité s’édifiant dans un mouvement de retrait sur soi et de concentration qui exclut toute extériorisation. Ce « froid » est à la fois introversion et inémotivité, réelle ou apparente (le « passionné à froid »), ce qui lui assure un empire sur soi-même. Il est aussi un lent : patience, persévérance, stabilité, pondération, méditation, pessimisme, solitude ou mélancolie. Si l’on associe au froid saturnien la sécheresse martienne, nous avons le nerveux dur à la solidité du roc : c’est un rude qui bénéficie d’un solide équilibre par la maîtrise des sentiments et la fermeté du caractère : aplomb, sang-froid, robustesse, discipline, obstination, densité, fixité… Il correspond en caractérologie soit au Flegmatique : non-Emotif-Actif-Secondaire, soit au Passionné (Emotif-Actif-Secondaire), soit (le type inférieur) à l’Apathique (non-Emotif-non-Actif-Secondaire.)

La Secondarité est une constante de sa nature, aussi appuyée que sa froideur foncière.

Dialectique : Deux types opposés se présentent :

  1. L’ambitieux : Nature caractérisée par une âpre affirmation du moi au service d’une volonté de puissance ou d’un orgueil rentré de domination. Arriviste ou ambitieux, sa libido a une soif d’élévation. Il a des chances de se hisser à un sommet par sa silencieuse et patiente obstination, sa prévoyance, sa longue préméditation, sa lucidité, sa volonté bien engagée; il y parvient aussi bien par un froid calcul, une souplesse diplomatique à la façon de la lame d’acier, que par le caractère indomptable ou la dureté du granit.
  2. Le Détaché : Sa libido se détache du monde terrestre, des convoi-tises et possessions matérielles; elle prend le chemin du dépouillement. Il s’agit parfois d’une ambition refoulée, révélée par une humilité exagérée, un désintéressement excessif, des tourments moraux et scrupules douloureux. Il s’agit ici aussi d’une ambition, mais elle est toute morale, tournée vers une ascension spirituelle : ascèse, contemplation, méditation, sinon consécration totale de soi aux autres, ou encore vie impersonnelle vouée à une grande oeuvre, sur des pentes arides qui mènent à des cimes lumineuses.

Destinée : Généralement, le départ de l’existence est difficile, l’être devant surmonter des inhibitions et se révélant assez tardivement. Mais il sait se rattraper par sa discipline, son ascétisme, son sérieux, son travail acharné. Si bien qu’on le voit monter lentement mais sûrement, jusqu’aux postes de commandement et de responsabilité où il sait se rendre indispensable. Les grandes heures de sa vie sont souvent à un âge avancé : il est de ceux qui font les grands vieillards. Mais son existence est parfois austère, solitaire ou retirée. Bien qu’il ait Soleil, Mercure et Mars dans ce signe, Henri IV est d’abord signé par sa dominante Mars-Jupiter, et le caractère bien connu de ce roi populaire est aux antipodes du Capricornien classique. Néanmoins, ses biographes sont unanimes à discerner chez ce monarque, derrière la façade d’une nature plaisante et légère, beaucoup de profondeur. De fait, avant d’être un grand homme d’Etat, il fut un politique supérieur qui eut de bonne heure le sens des événements complexes qui se déroulèrent dans le pays, agissant non dans le sens d’intérêts immédiats, mais en conformité avec une ambition à longue échéance, comme s’il avait préparé de longue date son avènement. Quand la mort surprit Henri III, il était présent, prêt à prendre sa succession. Ce n’est pas seulement à sa signature planétaire qu’il doit cette robustesse de gentilhomme campagnard à la volonté rude. C’est aussi grâce à son signe que ce monarque vivra simplement, presque grossièrement, dédaigneux de l’étiquette, d’une vie campagnarde qui constrastera singulièrement avec le faste et l’élégance des Valois. Mais, au pouvoir, ce Capricornien saura rétablir l’autorité de l’Etat, se sentira le maître et établira la monarchie absolue. Il aura le culte de l’agriculture, assurera la sécurité des campagnes, la protection des récoltes et relancera la culture sous la direction d’Olivier de Serres.

Signe Sagittaire

Symbole : La référence aux phénomènes de la nature est difficile avec ce signe puisque, depuis l’épreuve du Scorpion, la végétation n’est plus. L’énergie sagittarienne opère une projection de ce que le Scorpion a amassé pour le destiner vers un but. C’est en quoi se justifie l’image du centaure décochant une flèche en direction ascendante. Il s’agit de relier le proche au lointain pour faire triompher celui-ci sur celui-là, grâce à l’union de l’inférieur et du supérieur, le cavalier se doublant de la puissance du cheval en faisant corps avec son coursier, les jambes contre les flancs (rapport du Sagittaire avec les cuisses dans «l’Homme-Zodiaque»). Le feu sagittarien peut renoncer à servir (comme dans le Lion) la magnificence de l’égo pour atteindre l’expérience trans individuelle.

Et à l’inverse des Gémeaux, le signe opposé, qui sont dualité et différenciation, au Sagittaire est le règne de l’unification, de la réunion, de la fusion, de la synthèse. Il est sous les auspices planétaires de Jupiter, principe de cohésion, de coordination, de globalisation.

Psychologie : A la souche de cette nature, il y a un Moi en intensité ou en expansion qui cherche ses propres limites et aspire à les dépas-ser, comme pour atteindre un « au-delà du Moi ». D’où une aspiration à une certaine dimension ou élévation qu’il cherche dans un transport, que celui-ci soit élan de participation au monde, d’intégration à. la vie collective, révolte stimulante contre une puissance à dominer ou simple inflation du moi qui se perd en ivresse de grandeur. Dialectique : Les orientations extrêmes de ce signe double sont très accentuées :

  1. Si le thème est harmonique, le sujet tend vers un conformisme confortable; adapté, il s’assimile les bonnes manières, se conforme aux usages établis, est partisan de la légalité, de l’ordre, des conventions sociales. C’est un être épanoui, euphorique, ayant du savoir-faire, droit, loyal, chevaleresque, amoureux de prestige et d’honorabilité.
  2. Si le thème est dissonant, il tend à l’indépendance farouche, à la révolte. D’instinct, il s’insurge contre la vérité de son milieu et se comporte comme un inadapté en rupture de ban. Son besoin d’émancipation prime tout.

Volonté insurrectionnelle contre les habitudes, lieux communs et préjugés; passions impérieuses, élans audacieux, ruades fougueuses de pur-sang… S’il est extraverti, il est tenté par l’aventure dans sa rencontre avec le monde ; c’est un athlète, un sportif, au tempérament nomade, qui a avant tout la passion des voyages, de l’explorateur à l’affût d’horizons nouveaux, porté vers un toujours ailleurs…  S’il est introverti, ce qui prime, c’est l’aventure dans la rencontre avec soi-même, il cherche cet au-delà auquel il aspire en lui-même, dans l’atteinte de ses formes morales et spirituelles les plus élevées. Son élan est dirigé vers la connaissance, la culture, la religion, la perfection de soi; il vise un idéal, une sagesse au bout de son voyage intérieur. Destinée : Suivant la première manière, il est un mobile en perpétuels voyages, un aventurier fait pour les épopées, les expériences à longue portée. Suivant la seconde, il tend vers une vie intérieure intense qui débouche sur un accomplissement moral, philosophique ou spirituel.

Sagittaire typique en raison de l’occupation du signe par le Soleil, Mercure, Vénus et Saturne, Charles VI offre l’exemple d’une âme avide de s’évader du banal quotidien et de vivre à la plus grande dimension, sous l’aspect extraverti du mouvement, du bruit, de l’agitation, de l’imprévu, de l’impérieuse nécessité d’une vie extérieure intense. Tout jeune, il excelle dans les sports, en particulier dans ceux, tout sagittariens, du tir à l’arc, du lancement du javelot et de la cavalerie. Mais la fièvre du perpétuel déplacement se présente vite comme un trait majeur de son caractère. Jeune roi, il « se déplaçait souvent, soit pour chasser, soit simplement par suite de ce besoin de mouvement et de changement qui tenaille toujours sa nature fantasque. Que de fois on le vit à Compiègne, à Senlis, à Melun, pour ne point parler des grands voyages ! Quand Charles réside à Paris, il habite tantôt au Louvre, tantôt à l’hôtel Saint-Pol  ». Détail à signaler : dans cet hôtel, la cheminée de sa chambre est ornée de grands chevaux de pierre. Autre point à noter : l’accident de sa 240 année qui voit éclater sa folie se produit alors qu’il est à cheval. Se plaisant aux grandes chevauchées, il se lancera dans diverses expéditions militaires et sillonnera les grandes routes de son royaume. Quant à Charles VII, son Ascendant et son Mars en Sagittaire sont reconnaissables dans son instinct nomade qu’accentue l’instabilité de sa nature Pois-sons. Il fut toute sa vie le voyageur allant de ville en ville, de château en château, ne se fixant nulle part.

Signe Scorpion

Symbolique : Symbolise dans la nature le glas de la végétation, la chute et la décomposition des feuilles, expression de la destruction des valeurs objectives et des formes extérieures, à la faveur d’un processus de fermentation, de putréfaction, de désagrégation. Ce signe d’Eau-Fixe est celui de l’eau immobile, fétide des marais, comme celui de l’eau de vie ou de la lave volcanique. A l’opposé du Taureau qui correspond aux valeurs captatives et acquisitives de la bouche, il est celui de l’anus qui correspond psychanalytiquement aux valeurs d’excrément : déjection, expulsion, liquidation, restitution ; il transforme, détruit, corrompt, recompose… Mais s’il correspond à l’anus avec sa charge de pulsions agressives, il correspond aussi au sexe avec sa puissance créatrice, fécondante. Ce signe est sous la tutelle de Mars et de Pluton, le « prince des ténèbres », symbole des profondeurs et des ténèbres de notre nuit originelle, surtout de nos régions infernales.

Psychologie : Cette nature au tempérament bilieux est travaillée par un feu intérieur, animée au niveau des entrailles par l’exaspération de pulsions violentes. Ce « diable au corps » exprime une angoisse de vivre, une soif de plus-être plus que de bien-être, qui cherche ses affinités dans les orages et convulsions de la vie. Deux grands instincts s’affrontent dans une ambivalence intensificatrice : l’agressivité et l’érotisme; danse endiablée du sublime et de l’abject, du ciel et de l’enfer, du réalisme brutal et de l’idéalisme mystique, de l’attachement et du détachement, de l’amour et de la mort. L’instinct sexuel se prolonge sous l’aspect créateur : don de produire, de féconder, de réaliser dans une coulée irrésistible; la puissance de l’être est ou vient du sexe, et c’est par cette puissance sexuelle, naturelle, déplacée ou sublimée, par l’intégration de l’érotisme, brut ou spiritualisé, qu’il trouve sa raison d’être.

Dans la dissonance, l’être est inquiet, tourmenté; son alchimie intérieure distille les poisons des états morbides : sentiments de l’absurde, du néant, idées de mort, dégoût de l’être, angoisse, sado-masochisme, culpabilité, auto-punition, phobie, névrose obsessionnelle… Dialectique : Chez ce type, l’impulsion l’emporte habituellement sur l’inhibition, mais, par suite d’une dominante planétaire particulière (saturnienne, quelquefois uranienne), ce rapport s’inverse, comme le complexe anal lui-même, inversion qui fait du type Scorpion un type Vierge. Plus souvent, il existe une alternance ou une coexistence de l’impulsion et de l’inhibition correspondant à un type ambivalent.

a) Complexe anal relâché : Nature individualiste, rebelle, indisciplinée, révoltée, rétive à toute contrainte, réfractaire aux usages sociaux, se laissant aller à ses instincts, capable de dissipation, d’in-tempérance, de désordre, d’irritabilité, de haine, de vengeance, de destruction, de sadisme ou de perversité. « Un caractère », une force de volonté, passionnée, obstinée, autoritaire, dure; puissance de création.

b) Complexe anal replié : Nature retenue, disciplinée, sobre, ordonnée, ponctuelle, toute de conscience, de moralité, de respectabilité, attachée à la règle, aux principes, parfois jusqu’à la maniaquerie ou jusqu’au formalisme; plus critique que créateur, laborieux, « constipé », plus enclin à la névrose qu’à, la perversité.

c) L’ambivalent : tient de ces deux natures opposées, ce qui peut se traduire par des formules différentes pour chaque cas (voir déjà l’ambivalent Vierge) : propreté physique et malpropreté morale ou l’inverse, vie bourgeoise et opinions révolutionnaires, maniéré et débraillé, soumis et rouspéteur, formaliste irritable, ordonné et désordonné, prude et hypocrite, critique et créateur, idéaliste et reptilien, névrosé et pervers… Destinée : Se plaît (quand il n’est pas un type inhibé) là où il y a un danger, un scandale, un cauchemar, une destruction… Sa vie est une lutte perpétuelle qui lui plaît, une guerre ou un drame noué et renoué sitôt dénoué. Il peut avoir une ambition illimitée, un besoin de puissance qui tend à l’absolu et s’érige souvent en machine de guerre. Son expansion est un tourbillon qui engendre un certain désordre sur son passage. La révolte, la mort, le mystère, le sexe, l’argent ou le sadisme, voilà l’un des thèmes ou l’ensemble des thèmes qui façonnent sa vie. Louis XI est assez représentatif du Scorpion qui est à son Ascendant. Dauphin, il est un grand révolté; à dix-huit ans, il est un garçon terrible, indiscipliné, impatient, ambitieux et dur.

Dès lors s’imposera à lui un but qu’il atteindra par suite d’un obstiné combat de Scorpion : la reconquête du royaume.

Signe Balance

Symbolique : Symbolise dans la nature l’équilibre des jours et des nuits, marqué par la remontée du monde nocturne égalisée par le déclin du monde diurne qui est celui de la lumière et de la chaleur (chute du Soleil). Les derniers fruits mûrs se détachent des arbres; c’est la préfiguration d’une ère de repos, de détente, de paix, où les formes extérieures s’effacent progressivement devant la vie intérieure. Ce crépuscule automnal de la nature est en dialectique avec une aurore de l’âme symbolisée par l’exaltation de Saturne, valorisant les tendances au détachement, au dépouillement, au renoncement, victoire du spirituel sur le matériel. Le symbole (les deux plateaux égalisés de la balance) signifie aussi bien un rapport d’équilibre entre deux alternants, une opposition des contraires qu’une association des complémentaires. A l’opposé du Bélier, brutal, aigu, carré, il est le signe de la moyenne, de la mesure, des demi-tons, des nuances; il est un signe d’Air à la nature subtile et éthérée, sous la tutelle de Vénus l’apaisante, la Vénus-Aphrodite des roses de l’automne, ordonnatrice céleste de l’amour, du beau, du juste, inspiratrice des arts.

Psychologie : La nature de ce type est construite sur l’équilibre de deux tempéraments opposés : un nerveux (Saturne) délicat, affiné, s’évadant de la matière ou l’épurant, et un sanguin (Vénus) tout atmosphérique, destiné à s’accomplir par ses échanges, faits de fluidité, avec le milieu ambiant. C’est la conjonction du don vénusien de la jeunesse et de l’épuisement saturnien de la vie : nerveux expansif ou sanguin ayant perdu sa richesse plastique. L’être penche donc alternativement vers la spontanéité et la méditation, l’abandon et la crainte, l’appel et le recul devant la vie… Nature du « juste milieu », portée aux compromis, concessions et moyens termes, mais aussi aux positions tièdes et aux attitudes chèvre-chou. Pondération, tolérance, pacifisme, sentiment d’équité. Caractère social, adaptable, parfois opportuniste, aimable, délicat, gracieux, harmonieux, mais volonté faible, désarmée par l’indécision et l’hésitation entre deux sollicitations opposées comme par le désir de plaire. Disposition plus efféminée que virile au détriment de la volonté de puissance et au bénéfice du raffinement esthétique ou spirituel.

Dialectique : Ce type donne, suivant la prédominance de Jupiter ou de Saturne, du Soleil ou de la Lune :

  1. Le Sentimental extraverti : S’épanouit en sympathisant et s’épanchant; se sent attaché au monde par tout un réseau de liens, d’affections, et donne libre cours aux élans généreux qui le jettent dans les bras d’autrui, son sentiment animant tout ce qu’il touche par sa chaleur communicative. Il sait gagner les coeurs et s’attacher les gens; cet hospitalier est d’un accueil spontané qui s’étend en éventail à tout l’entourage, à tout le milieu, proche et lointain, auquel il s’attache et s’abandonne.
  2. Le Sentimental introverti : D’extensif, le sentiment devient intensif; il se concentre sur une seule personne au lieu de s’égrener avec grâce. S’il a plus d’intensité, il a aussi plus de fragilité par l’inquiétude dans laquelle il fait vivre; il peut faire retraite pour éviter la rudesse de l’extérieur. Le caractère a sa réserve, son silence, avec une égalité d’humeur qui lui donne un calme agréable, mais cette surface apparemment tranquille n’est pas sans couvrir des passions aiguës à sensibilité plus ou moins douloureuse.

Destinée : Il manque d’agressivité conquérante ce qui le désavantage dans la lutte pour la vie et n’en fait pas un bâtisseur de fortune. Il est de la race des sensibles, des raffinés qui se construisent une existence agréable et harmonieuse, en marge des grandes convoitises terrestres et où les valeurs de « l’être » ont la priorité sur les valeurs de « l’avoir ». Il réussit plus particulièrement par son sens associatif et coopératif, dans une collaboration, et il subit fortement l’empreinte conjugale, bonne ou mauvaise. Balance par le Soleil, Mercure et Mars dans le Signe, avec une dominante vénusienne et lunaire, Henri III est le type du prince délicat qui préférera toujours à la chasse et à la vie physique, les joies de l’esprit, les plaisirs féminins et tous les raffinements de la Renaissance. Il est même, pour son temps, l’incarnation d’une civilisation dont nulle autre ne connut les raffinements.

On sait le temps qu’il consacrait à sa toilette : barbiers, parfumeurs, couturiers, masseurs… permettaient à l’auguste personne de se rendre au Conseil d’Etat ainsi paré, maquillé, embelli : moustaches lissées, boucles d’oreilles, chaîne d’orfèvrerie, satins ou velours, mouchoir, manteau, fraises, gants. Ce prince libéral dont la politique oscille entre les deux factions religieuses rivales, fera des prodiges d’équilibriste pour garder la mesure entre ces deux passions contraires. Tout autre sans doute est le martien-jupitérien Henri IV qui lui succède : il ne sera point l’homme des raffinements et de l’esthétique. Mais la Balance, qu’occupent son Ascendant et son Jupiter, n’en est pas moins perceptible dans le jeu de son caractère sociable, souple, conciliant, opportuniste, dans sa manière de prêcher partout où s’affrontent les rivalités religieuses la conciliation et l’apaisement. Son attitude religieuse sera peut-être par moments ambiguë : oscillations de son fléau intérieur, il abjurera le protestantisme, révoquera son abjuration forcée et finalement se convertira au catholicisme, pensant que « Paris vaut bien une messe ». Sa politique religieuse s’appuiera sur les modérés des deux religions; ce qu’il voudra, t’est être le fléau des deux plateaux : roi des catholiques et des protestants, en accoutumant les Français à la coexistence des deux confessions. Tenant le pouvoir, il imposera une autorité de plus en plus accrue, à la manière enjouée et souriante de son signe. Sous son panache blanc, ce pacifique Balance calmera les esprits, arrêtera les épées et fera la triple pacification politique, religieuse et étrangère. Balance comme son père cette fois par la présence de Soleil, Lune et Jupiter dans le signe, mais saturnien, Louis XIII est autant sentimental introverti qu’Henri IV est extraverti. Roi social, tout dévoué au bien public, humain, tolérant et sou-cieux de justice, il consolidera la paix religieuse par « l’Edit de Grâce ». Le trait Balance de son règne est tout dans la grande et longue collaboration avec Richelieu (qui a l’Ascendant Balance). Si le grand ministre y eut la part prépondérante, c’est à tort que le rôle du monarque y est tenu pour négligeable. Attelés tous les deux au timon de l’Etat, le roi marcha la main dans la main avec son ministre, en contact quotidien avec lui, le protégeant contre ses ennemis et lui sacrifiant sa mère, lui témoignant une confiance soutenue en dépit d’une affection ambivalente. Richelieu prit en main la diplomatie et appuya l’action du roi sur des alliances, tandis que Louis XIII tint le pouvoir à l’intérieur et fut le maître de l’armée. Il eut « le don Balance » de s’effacer derrière le génie de son ministre et leur collaboration dura jusqu’à leurs morts, survenues à cinq mois d’intervalle. Le Soleil et Mercure en Balance sont également observables chez Louis-Philippe, prince affable, courtois, séduisant, acquis aux principes de modération libérale, monarque entouré d’institutions républicaines, instaurateur d’un gouvernement du « juste milieu », et qui donna dix-huit années de paix au pays. Moins perceptible est le Soleil-Balance (il y est seul il est vrai) de Charles-X (son fléau intérieur oscilla entre les extrêmes du jeune prince libertin et du vieux roi dévot), trop marqué par une signature planétaire contraire.

Signe Taureau

LE TAUREAU
Symbolique : Symbolise dans la nature la condensation de l’élan du Bélier, la matérialisation des forces créatrices qui se concrétisent dans l’abondance des formes, cette seconde tranche du printemps étant celle de la végétation massive, des pelouses grasses, des verts pâturages, de la flore, de la montée des essences végétales et de l’apparition des premiers fruits. A l’image du bovidé, le rythme nouveau est à la lenteur et à la stabilité par la lourdeur, l’épaisseur et la densité de la matière. Mais cette incarnation est riche; elle s’assimile à la terre nourricière, à la mère-nature, féconde par excellence. Nous avons là, du reste, le signe le plus féminin, à l’image de la vache, animal hyperfemelle. Sa nature est d’essence vénusienne : c’est la paix, la joie de vivre dans l’enivrement des sens, les valeurs d’une Vénus charnelle, toute pleine et vibrante d’émanations terrestres, la Vénus Génitrix. La Lune, par son Exaltation dans le signe, participe aussi à cette nature : la substance dans toute sa fécondité y est livrée à son pouvoir d’action productive.

Psychologie : La pièce maîtresse de la structure psychique du Tau-reau est la secondarité, imagée par le boeuf aux formes plantureuses, toute puissance massée dans l’encolure (analogie associant le Taureau au cou), qui, persévérant laboureur, trace sans hâte son sillon, dans un effort patient qui surmonte les résistances. L’entraînement du volant intérieur de la secondarité laisse ce type longtemps sous le coup de l’impression reçue; il en garde la trace; elle laisse en lui des traînées longues qui creusent un lourd sillon dans les profondeurs de son être, lequel, à travers le présent, ressent, repense, remâche le passé : c’est un « ruminant » psychique. D’où fidélité, constance, attachement, endurance, patience, adaptation lente, persévérance, entêtement, rancune, rabâchage, fixité, opiniâtreté, force statique, puissance massive et concentrée… Il est aussi un instinctif, un être sain, en contact direct avec la nature universelle.

Ses instincts sont impérieux, sensualité débordante, bien installée dans le réel par un capital de santé qui peut l’épaissir dans un égoïsme confortable. Ces instincts sont surtout captatifs : ils captent, absorbent, comme des racines dans le sol. Ce type est donc surtout un instinctif oral, plein de convoitises digestives, enclin à grossir, à avaler, à assimiler, à acquérir, à posséder, à conserver, à vivre le plus intensément dans le monde de l’avoir. L’exaltation de la vie est vécue sur le mode sensoriel et en fait un dionysiaque : enchantements terrestres, grandes voluptés, amour de la terre, de la nature… Dialectique : Le type Taureau oscille entre deux pôles extrêmes. A dominante froide (Saturne-Lune) il fait, à l’image du boeuf alourdi ou de la vache broutant paisiblement son herbe, un lent au tempérament lymphatico-nerveux, vagotonique engourdi par la passivité végétative, quelque peu lourd, inémotif, au caractère placide, tranquille, monotone, enclin à. la taciturnité, à la mélancolie ou au pessimisme.

A dominante chaude (Mars-Jupiter-Soleil), à l’image du taureau dans l’arène, il fait un expansif au tempérament sanguin, hyper-émotif et actif lancé sur la vitesse du volant, optimiste, excitable, aux colères redoutables, enclin aux passions fortes, aux débordements et déferlements de l’instinct. Les deux opposés peuvent coexister. Destinée : Suivant l’un ou l’autre cas, la vie est calme ou orageuse. Ce type est enclin à se fixer dans la passion du travail, de l’argent ou de l’amour. Bâtisseur et stabilisateur, il est prédisposé à se vouer au labeur, aux grandes besognes, dans un effort intensément constructif; possessif, il est tourné vers l’acquisition de biens matériels, vers l’enrichissement ; sinon, gros consommateur, il peut s’engager dans la voie du plaisir ou dans les grandes passions de l’amour, voluptés, jalousies et tempêtes passionnelles. Catherine de Médicis est un cas représentatif de Taureau, avec la présence de l’Ascendant, du Soleil et de Vénus maîtresse dans le signe, un Taureau dont la dominante Saturne-Capricorne renforce la secondarité du signe. Tous ses biographes retiennent en elle l’endurance, la persévérance, la patience des obstinés que rien ne rebute. Faisant un long apprentissage à la Cour de François Ier où elle doit s’adapter, rien ne la décourage, ni les humiliations de Diane de Poitiers ni l’indifférence de son mari, le futur Henri II. Vouant à l’infidèle un étrange attachement, une froide attente lui fera savourer l’heure où sa haine accu-mulée contre la favorite éclatera comme un ouragan.