Signe Bélier

LE BÉLIER
Symbolique : Symbolise le feu originel qui se manifeste à l’entrée du printemps, le jaillissement des forces brutes de la vie (éclatement des bourgeons, sortie des pousses de la terre, rut des animaux…). Le rythme vital, sous ce signe, est celui d’un bond en avant, d’une accélération : commencement, renouvellement, propulsion, impul-sion, jet, éclatement, explosion… C’est le souffle du feu prométhéen, ce feu à la fois créateur et destructeur, aveugle et généreux, chao-tique et sublime, capable de fuser dans toutes les directions; c’est la décharge irruptive, fulgurante, indomptable de la foudre; la violence du feu animal indifférencié; la poussée anarchique, dévo-rante, d’instincts primitifs vigoureux; une libération de forces nou-velles, inclassables et inadaptées, aux généreuses promesses, portées vers leur essor. Cette nature est d’essence martienne. Elle représente avant tout la lutte pour la vie au stade de la sélection naturelle où règne la loi du plus fort. Mais avec le cri de guerre agressif et les poussées de colère et de désirs de Mars, apparaît l’exaltation solaire symbolisée par la victoire des jours sur les nuits, de la chaleur et de la lumière. Avec la signature Mars-Soleil, le Bélier est le signe le plus masculin, ce qui correspond à l’animal-type (bélier) qui est un hypermâle. Psychologie : Le facteur dominant de la structure psychologique

LE ZODIAQUE du type Bélier est la primarité qui est comme une présence de l’être tout engagé dans l’instant d’où, tout un comportement général : réactions fortes, immédiates et brèves; impulsivité, mobilité et fugacité des impressions; goût du changement, de la nouveauté; instabilité, indiscipline, précipitation, emballement, coups de tête; spontanéité, improvisation, ferveur, exaltation, passion, extravagance, politique du « tout-ou-rien », états paroxystiques… Il faut ajouter que ce Primaire est, à l’image de l’animal dont toute la force est concentrée dans la masse crânienne en avant, projeté vers l’avenir qu’il aborde avec une certaine puissance de choc (d’où le rapport du Bélier avec la tête) : il vit de projets, se lance dans des aventures, sème mais laisse souvent récolter les autres… La Primarité s’associe chez lui à l’Activité et à l’Émotivité, ce qui en fait un Colérique assez pur. Il est même souvent surémotif; l’Acti-vité est le coefficient le plus modifiable. L’intelligence est du type Intuition (introvertie ou extravertie). Dialectique : Il n’y a pas deux types Bélier dialectiques, l’être de ce signe étant fait d’une pièce, simple, franc, direct, pur, total en face de lui-même et des autres. Tout au plus peut-on signaler que s’il tend ordinairement à l’extraversion, des influences extérieures peuvent le tourner vers l’introversion (opposition typique des Bélier Zola et Baudelaire). Destinée : Prédisposition à l’aventure, aux accidents, aux luttes, combats, rivalités, procès, dépenses excessives, coups de foudre, passions dévorantes; tendance à la vie bruyante, instable, palpitante, fiévreuse, aux excès et désordres; propice à l’affirmation d’une per-sonnalité pour tracer une voie nouvelle, jouer un rôle de guide, d’en-traîneur, d’éclaireur, de novateur, de précurseur, de chef.

L’exemple de Henri II — le seul roi français qui ait une forte marque Bélier par l’occupation du Soleil, de la Lune et de Vénus montre qu’une dominante planétaire (on verra plus loin ce que ce terme signifie précisément) contraire au signe tend à en annihiler ou en transformer l’empreinte. De fait, le Saturnien Henri II est un piètre Bélier, un Bélier inhibé. On le voit, dauphin, prendre une attitude frondeuse vis-à-vis de son père François 1er et, une fois couronné, rompre avec les manières de celui-ci. Sans doute est-il aussi d’un courage indomptable, amoureux des chasses, des chevauchées et des tournois. Mais le conflit Saturne-Bélier en fait un faible, un timide, un irrésolu qui se bute pour donner l’illusion de la décision et de l’autorité, un soumis qui se laisse gouverner. Sa destinée porte davantage la marque du signe : son règne commence dans la fumée des bûchers et dans les clameurs des martyrs héroïques qui inaugurent les guerres de religion; il débute aussi par le duel Jarnac-La Châtaigneraie pour finir par l’accident mortel à la tête du coup de lance de Montgomméry (tendance dissonante du Bélier affecté par Saturne).

Signe Taureau

LE TAUREAU
Symbolique : Symbolise dans la nature la condensation de l’élan du Bélier, la matérialisation des forces créatrices qui se concrétisent dans l’abondance des formes, cette seconde tranche du printemps étant celle de la végétation massive, des pelouses grasses, des verts pâturages, de la flore, de la montée des essences végétales et de l’apparition des premiers fruits. A l’image du bovidé, le rythme nouveau est à la lenteur et à la stabilité par la lourdeur, l’épaisseur et la densité de la matière. Mais cette incarnation est riche; elle s’assimile à la terre nourricière, à la mère-nature, féconde par excellence. Nous avons là, du reste, le signe le plus féminin, à l’image de la vache, animal hyperfemelle. Sa nature est d’essence vénusienne : c’est la paix, la joie de vivre dans l’enivrement des sens, les valeurs d’une Vénus charnelle, toute pleine et vibrante d’émanations terrestres, la Vénus Génitrix. La Lune, par son Exaltation dans le signe, participe aussi à cette nature : la substance dans toute sa fécondité y est livrée à son pouvoir d’action productive.

Psychologie : La pièce maîtresse de la structure psychique du Tau-reau est la secondarité, imagée par le boeuf aux formes plantureuses, toute puissance massée dans l’encolure (analogie associant le Taureau au cou), qui, persévérant laboureur, trace sans hâte son sillon, dans un effort patient qui surmonte les résistances. L’entraînement du volant intérieur de la secondarité laisse ce type longtemps sous le coup de l’impression reçue; il en garde la trace; elle laisse en lui des traînées longues qui creusent un lourd sillon dans les profondeurs de son être, lequel, à travers le présent, ressent, repense, remâche le passé : c’est un « ruminant » psychique. D’où fidélité, constance, attachement, endurance, patience, adaptation lente, persévérance, entêtement, rancune, rabâchage, fixité, opiniâtreté, force statique, puissance massive et concentrée… Il est aussi un instinctif, un être sain, en contact direct avec la nature universelle.

Ses instincts sont impérieux, sensualité débordante, bien installée dans le réel par un capital de santé qui peut l’épaissir dans un égoïsme confortable. Ces instincts sont surtout captatifs : ils captent, absorbent, comme des racines dans le sol. Ce type est donc surtout un instinctif oral, plein de convoitises digestives, enclin à grossir, à avaler, à assimiler, à acquérir, à posséder, à conserver, à vivre le plus intensément dans le monde de l’avoir. L’exaltation de la vie est vécue sur le mode sensoriel et en fait un dionysiaque : enchantements terrestres, grandes voluptés, amour de la terre, de la nature… Dialectique : Le type Taureau oscille entre deux pôles extrêmes. A dominante froide (Saturne-Lune) il fait, à l’image du boeuf alourdi ou de la vache broutant paisiblement son herbe, un lent au tempérament lymphatico-nerveux, vagotonique engourdi par la passivité végétative, quelque peu lourd, inémotif, au caractère placide, tranquille, monotone, enclin à. la taciturnité, à la mélancolie ou au pessimisme.

A dominante chaude (Mars-Jupiter-Soleil), à l’image du taureau dans l’arène, il fait un expansif au tempérament sanguin, hyper-émotif et actif lancé sur la vitesse du volant, optimiste, excitable, aux colères redoutables, enclin aux passions fortes, aux débordements et déferlements de l’instinct. Les deux opposés peuvent coexister. Destinée : Suivant l’un ou l’autre cas, la vie est calme ou orageuse. Ce type est enclin à se fixer dans la passion du travail, de l’argent ou de l’amour. Bâtisseur et stabilisateur, il est prédisposé à se vouer au labeur, aux grandes besognes, dans un effort intensément constructif; possessif, il est tourné vers l’acquisition de biens matériels, vers l’enrichissement ; sinon, gros consommateur, il peut s’engager dans la voie du plaisir ou dans les grandes passions de l’amour, voluptés, jalousies et tempêtes passionnelles. Catherine de Médicis est un cas représentatif de Taureau, avec la présence de l’Ascendant, du Soleil et de Vénus maîtresse dans le signe, un Taureau dont la dominante Saturne-Capricorne renforce la secondarité du signe. Tous ses biographes retiennent en elle l’endurance, la persévérance, la patience des obstinés que rien ne rebute. Faisant un long apprentissage à la Cour de François Ier où elle doit s’adapter, rien ne la décourage, ni les humiliations de Diane de Poitiers ni l’indifférence de son mari, le futur Henri II. Vouant à l’infidèle un étrange attachement, une froide attente lui fera savourer l’heure où sa haine accu-mulée contre la favorite éclatera comme un ouragan.

Signe Gémeaux

Symbolique : Symbolise dans la nature, après l’éclosion du Bélier et l’incarnation du Taureau, la conquête aérienne de la végétation par le branchage et le feuillage, cette troisième tranche printanière étant celle de la plénitude de la fonction chlorophylienne, en correspondance avec l’appareil pulmonaire, siège de la fonction respira-toire, et avec les membres supérieurs, organes de la motilité. Tout est dualité chez ce signe d’Air bipolaire : les deux bras, les deux lobes pulmonaires, aspir et expir, les deux bâtonnets verticaux de son idéogramme, les Dioscures, Castor et Pollux, du symbole. Il est aussi le signe des rythmes rapides et des mouvements rapides, des relations étroites avec le milieu ambiant ainsi que de la vie de l’es-prit.

Alors que le Bélier est hypermâle et le Taureau hyperfemelle, les Gémeaux sont androgynes, signe de la polarisation, de la différenciation des deux principes opposés et complémentaires. Sa nature est de l’essence adolescente, hermaphrodite de Mercure, principe de liaison, d’échanges, de mouvement, d’adaptation, de communication, d’interpénétration, de cérébralisation. Psychologie : La propriété dominante du signe est la primarité associée à l’ampleur du champ de conscience, faisant le « superficiel large », cette largeur virtuelle que donne à la conscience une grande mobilité, car elle ne projette à chaque instant qu’un mince pinceau d’attention sur les choses, sans insister sur la saisie de ces choses; d’où une faible trace de l’impression, le pinceau de l’attention balayant ici une large surface de représentations. Si le Bélier est le plus impulsif des signes et le Taureau le plus fixe, les Gémeaux en sont le plus mobile. C’est un nerveux qui ne pèse pas plus qu’un fil et vit en l’air; un rapide à l’humeur voyageuse, un changeant, amoureux du mouvement, ayant la bougeotte, fait pour le dégagement. Il est aussi, « roseau pensant », un souple, un flexible, léger, habile, adaptable, épidermique; Arlequin jouant sa vie ou vivant son jeu, comédien, caméléon, touche-à-tout, espiègle, et par suite instable, léger, à la fois partout et nulle part, en proie à la division intérieure et aux problèmes qu’elle pose.

Dialectique : La Primarité se combine de deux façons opposées sous l’angle caractérologique, d’où deux types possibles :

  1. Le type Castor Emotif-sousactif, correspondant au Nerveux, à la sensibilité instable, constamment en mouvement, à la vivacité des sentiments, à la recherche d’émotions nouvelles, au vagabondage affectif, à la vie tiraillée par des impulsions successives, des passions décousues et changeantes; être fantasque, vivant dans une atmosphère fiévreuse et recherchant un « présent » aussi intense ou ravissant que possible.
  2. Le type Pollux sous-émotif-actif, correspondant au Sanguin, sorte « d’esprit sans âme » ayant une grande présence d’esprit, vivant et agissant d’après sa pensée, curieux, pratique, habile, opportuniste, inventif, ironique, sarcastique, spirituel, au coeur sec. Il arrive souvent que ces deux caractères opposés alternent ou coexistent sur deux plans différents chez le même sujet, mais le plus généralement, l’un d’eux prédomine. Destinée : Possibilité d’avoir plusieurs cordes à son arc et prédisposition à suivre un itinéraire à destinations diverses, sinon à emprunter parallèlement plusieurs voies. Chance de réussite par la virtuosité, par le jeu des relations surtout, en particulier pour écrire, parler, adapter, transmettre, interpréter, traduire, échanger ou se dépla-cer… Vie assez instable et itinérante, à l’affût d’aventures ou expériences nouvelles. Aucun personnage de notre collection n’est représentatif des Gémeaux; pas un, d’ailleurs, n’est natif du signe. Sur les trois Ascendants Gémeaux, deux seulement sont significatifs, Charles VIII présentant une constellation planétaire marquée qui en efface la trace. Chez François Ier, le signe participe à la dominante planétaire : tempérament versatile, caractère volage, dilettantisme, intelligence rapide, vive, brillante, un peu superficielle.